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La congélation du sperme canin

par Giovanna Bassu, DMV, Dip. ECAR

A. Qu’est-ce que la congélation du sperme ?

La congélation du sperme est une technique permettant de conserver indéfiniment les spermatozoïdes dans de l’azote liquide à -196°C, pour en préserver le pouvoir fécondant.


B. Pourquoi congeler le sperme du chien ?

Les mâles reproducteurs à haute valeur génétique peuvent ainsi être utilisés dans des programmes de reproduction différés dans le temps et dans l’espace.
Certaines fois, le mâle n’est pas disponible pour la saillie pour différentes raisons : compétitions, trop de saillies dans la même période, maladie, infertilité temporaire ou stérilité survenue suite à une maladie ou à des traitements médicamenteux.
Eloignement géographique et envois internationaux : dans certains cas, l’envoi de semence revient moins cher et est plus facile que le déplacement de la chienne.


C. Méthodologie du prélèvement et de la congélation :

La semence est prélevée par stimulation manuelle. Les différentes parties (ou fractions) de l’éjaculat sont collectées séparément et seule la partie riche en spermatozoïdes est congelée et ensuite conservée. Certains étalons, n’étant pas habitués ou étant difficiles à la stimulation manuelle, nécessitent la présence d’une femelle en chaleurs pour pouvoir procéder au prélèvement.
Après le prélèvement, la semence est évaluée d’un point de vue qualitatif (mobilité initiale et anomalies) et quantitatif (nombres de spermatozoïdes par éjaculat). Si la qualité de la semence est considérée acceptable pour la congélation (anomalies inférieures à 30% et mobilité initiale supérieure à 50%), on procède à la dilution du sperme avec des dilueurs spécifiques qui protégeront les spermatozoïdes des traumatismes provoqués par le froid. Le sperme dilué est conservé dans des paillettes spécifiquement conçues pour la préservation de matériel biologique dans l’azote liquide.
Après congélation, une paillette sera sacrifiée pour un test de décongélation. Si la mobilité des spermatozoïdes est inférieure à 40%, les paillettes seront généralement détruites et un nouveau prélèvement sera envisagé, sauf sur avis contraire du propriétaire.

L’entièreté du protocole de congélation prend 5 à 6 heures depuis le prélèvement du mâle, mais le chien et le propriétaire ne sont présents que pendant les 30-45 premières minutes (temps de prélever le chien et d’évaluer la mobilité initiale de la semence).
En cas de première visite, la consultation s’accompagne de la création du dossier et d’un prélèvement de sang, notamment pour le dépistage contre la brucellose et la leptospirose.
Le propriétaire de l’étalon doit, en cas d’envoi dans des pays tiers, informer le vétérinaire auparavant car il peut y avoir une législation particulière concernant le transport de matériel biologique. Dans des cas particuliers, d’autres tests ou l’utilisation de matériel spécifique devront être envisagés à l’avance pour pouvoir organiser au mieux le transfert.

D. Combien d’inséminations peut-on faire avec un prélèvement ?

La qualité et la quantité du sperme congelé sont dépendantes de la qualité et quantité du sperme frais. La qualité et la quantité du sperme peuvent varier pour différentes raisons :
- L’âge : en général, un chien jeune et mature (environ entre 2 et 4 ans) aura un
sperme plus concentré et de meilleure qualité qu’un chien âgé ou trop jeune et donc immature. Le tempérament du chien aussi est un facteur limitant : un chien expérimenté donnera un meilleur sperme qu’un chien n’ayant jamais eu de prélèvement. La sur-utilisation ou à l’inverse la sous-utilisation du chien pour la reproduction peut avoir une influence sur la qualité de la semence. Un chien n’ayant jamais reproduit ou qui ne reproduit pas depuis longtemps aura au premier éjaculat un sperme de moins bonne qualité qu’au deuxième si les prélèvements se font dans la même journée ou sont espacés de seulement quelques jours. Cette situation est due à la présence dans les premiers éjaculats de vieux spermatozoïdes stockés au niveau épididymaire depuis plus ou moins longtemps. A l’inverse, un chien utilisé trop souvent aura dans le sperme un pourcentage élevé de spermatozoïdes immatures et donc non fécondants car les testicules n’auront pas eu le temps de produire des spermatozoïdes matures.
En tout cas, il ne faut pas attendre que le chien soit trop vieux ou malade pour congeler sa semence.
- Etat général de l’animal : un chien malade ou stressé ne donnera en général pas
un sperme de bonne qualité. Certains médicaments peuvent avoir des effets sur la fertilité. Il faut savoir que la spermatogenèse (fabrication des spermatozoïdes) se déroule en environ 2 mois. C’est pour cette motivation que si la fertilité du chien est affectée par une pathologie ou des médicaments il ne faut pas espérer retrouver une fertilité normale avant cette période.
- La taille du chien : les chiens de grande taille produisent plus de spermatozoïdes
que les chiens de petite taille. Il faut garder à l’esprit néanmoins que c’est le nombre de spermatozoïdes qui est important et non le volume de l’éjaculat.

Il faut savoir qu’un minimum de 100 millions de spermatozoïdes viables sont nécessaires par insémination, quelle que soit la technique intra-utérine utilisée (Les techniques d’insémination artificielle intra-vaginale sont déconseillées lors de l’utilisation de semence congelée).
Aux Etats-Unis, à l’heure actuelle, la technique chirurgicale permet de n’utiliser que 80 millions de spermatozoïdes en une seule IA. Pour des raisons éthiques et économiques, cette technique est en Europe le plus souvent réservée à des cas particuliers.
Prenons l’exemple d’un chien de taille moyenne : si un éjaculat contient 800 millions de spermatozoïdes totaux et si on se base sur un taux de 70% de viabilité post-décongélation, il nous restera 560 millions de spermatozoïdes viables. Vu qu’une paillette sera décongelée pour procéder à des tests de survie post-décongélation, il nous restera 500 millions de spermatozoïdes viables. Donc, compte tenu du fait que l’on préconise 2 inséminations à 24 heures d’intervalle en insémination à semence congelée, on pourra inséminer 2 chiennes, 2 fois et 1 chienne avec une seule insémination ou encore 5 chiennes avec 1 seule insémination mais avec un taux de réussite sensiblement plus bas qu’en cas de double insémination.

En définitive, la congélation du sperme a grandement facilité les échanges internationaux et constitue un outil de conservation du patrimoine génétique. Elle permet en outre au propriétaire de poursuivre la carrière reproductrice d’un étalon décédé, castré pour raisons médicales, ou devenu infertile.

Giovanna Bassu, DMV, Dip. ECAR
bassu@vet-reproduction.com


Centre Belge d'Information Pharmacologique
Répertoire Commenté des Médicaments à Usage Vétérinaire

Vaccins bactériens pour le chien

Leptospira Canicola/Ictérohaemorrhagiae

La leptospirose canine est une maladie infectieuse aiguë, subaiguë ou chronique et parfois à évolution subclinique, au cours de laquelle la septicémie éventuellement présente peut aboutir à une néphrite et une hépatite s'accompagnant d'urémie voire d'ictère.
Les chiens peuvent être infectés par différents sérotypes. La leptospirose clinique est principalement engendrée par des germes appartenant aux sérotypes Ictérohaemorrhagiae, Grippotyphosa et Canicola. Ce sont les rats qui tiennent lieu de réservoir pour le sérotype Ictérohaemorrhagiae, tandis que les rats musqués et les campagnols sont le réservoir du sérotype Grippotyphosa. Ces hôtes jouant le rôle de réservoir peuvent excréter les germes via l'urine pendant une durée très longue. Au sein d'un milieu humide à pH neutre ou légèrement alcalin, les leptospires sont en mesure de survivre très longtemps. Ceci explique que la maladie apparaît surtout chez les chiens se promenant dans les fossés ou près des cours d'eau où l'on retrouve précisément ce type de rongeurs. Le chien tient lieu de réservoir pour Leptospira Canicola. Ce dernier sérotype n'a plus été isolé en Belgique depuis 1975.
Pour la prévention de cette maladie , des vaccins inactivés sont disponibles sur le marché. Ils contiennent les sérotypes Ictérohaemorrhagiae et Canicola. La primovaccination consiste en deux injections à environ quatre semaines d'intervalle. On n'oubliera pas de prendre en considération l'interférence avec la vaccination apparaissant chez les chiots issus de mères vaccinées, et ce jusqu'à l'âge de douze semaines environ. Une revaccination annuelle est indispensable. Si le milieu est fortement contaminé, il est conseillé de procéder à une revaccination tous les six mois. Il est également important de tenir compte du fait qu'il n'y a pas d'immunité croisée entre les différents sérotypes de leptospires. Ainsi, un vaccin à base de Ictérohaemorrhagiae/Canicola ne protège pas contre Grippotyphosa.


Bordetella bronchiseptica


Bordetella bronchiseptica joue un rôle important dans la trachéobronchite infectieuse du chien, encore appelée toux des chenils. Il s'agit d'une affection qui se caractérise principalement par une toux sèche.
Chez les jeunes animaux, on peut aussi observer des signes cliniques tels que anorexie, fièvre et somnolence. La toux des chenils, comme son nom l'indique, apparaît surtout lors des rassemblements canins, elle peut cependant se rencontrer chez des individus isolés. Dans les élevages, les signes cliniques surgissent en général chez les individus âgés de six à sept semaines, même s'ils peuvent parfois apparaître plus tôt, dès l'âge de trois semaines.
La vaccination est à conseiller dans un chenil à problèmes et chez les animaux destinés à être en contact avec d'autres lors d'expositions ou en pension par exemple. En Belgique, les vaccins disponibles sont inactivés ou atténués.
Après administration parentérale, les vaccins inactivés peuvent au moins induire une protection partielle. La primovaccination nécessite deux injections, à deux ou trois semaines d'intervalle. La revaccination doit avoir lieu tous les ans. On tiendra compte de la possibilité d'une interférence avec l'immunité maternelle. Pour les chiots issus de mères vaccinées, la première injection peut être administrée à partir de la sixième semaine; quant à ceux issus de mères non-vaccinées, ils peuvent recevoir leur première injection dès leur quatrième semaine . Un vaccin inactivé contenant le germe complet présente un inconvénient: il peut être accompagné de réactions secondaires qui apparaissent généralement , au niveau du point d'injection.
En Belgique, un vaccin vivant à usage intranasal intégrant une souche modifiée et non-virulente de B. bronchiseptica, est également disponible. Ses atouts sont les suivants: une seule administration est suffisante pour la primovaccination, elle engendre une protection dès le cinquième jour suivant la vaccination, et enfin, la période au cours de laquelle une interférence avec l'immunité maternelle est à craindre s'avère moins longue qu'avec les autres vaccins. La revaccination doit avoir lieu annuellement. Au moment de la vaccination, on n'administrera évidemment pas d'antibiotiques.